Fahrenheit 451 - Ray Bradbury
« FAHRENHEIT 451 : température à laquelle le papier s’enflamme et se consume »

Fahrenheit 451 - Ray Bradbury
Guy Montag est pompier, mais dans le futur de Fahrenheit 451, ou tout est ignifugé, les pompiers n’ont plus exactement la même fonction que celle que nous connaissons : ils mettent le feu. Leur cible : les livres, les maisons qui les ont abrités et les propriétaires de ces maisons.
En effet les livres sont interdits par le gouvernement. Les seuls loisirs autorisés sont des programmes télévisuels abrutissants, que les gens reçoivent chez eux s’ils sont équipés de murs adéquats.
Mildred, la femme de Montag fait partie de ces accro à ce qu’elle appelle « la famille », ces personnages virtuels qui vivent dans son salon tous les jours. La seule ambition de Mildred, c’est de pouvoir un jour se payer un quatrième mur-écran.
Montag est presque un étranger pour elle, mais ils sont heureux ainsi. Ou du moins ils arrivent presque à se convaincre qu’ils le sont.
« Vous avez vu les panneaux d’affichage de soixante mètres de long en dehors de la ville ? Saviez-vous qu’avant ils ne faisaient que six mètres de long ? Mais avec la vitesse croissante des voitures, il a fallu étirer la publicité pour qu’elle puisse garder son effet. »
Jusqu’au jour ou Montag fait la connaissance de Clarisse McClellan, une voisine. C’est une jeune fille de 17 ans qui flâne dans les rues, s’émerveille de la beauté du ciel et qui regarde la société qui l’entoure d’un œil critique.
Les discussions avec Clarisse réveillent une ancienne question, que Montag s’est toujours posé au fond de lui-même : qu’y a-t-il dans les livres qu’il brûle ?
Mais il s’expose à de nombreux risques : n’importe qui, à commencer par sa femme, peut le dénoncer, et son chef sait qu’il s’intéresse aux livres. Et Clarisse a disparu.
« Fahrenheit 451 » est un chef d’œuvre. Engagement de Bradbury par rapport à la situation politique des USA dans les années 50, avec l’anti-communisme paranoïaque, début de la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy. Mais « Fahrenheit 451 », c’est aussi un avertissement de la part de Bradbury. Comme il le dit lui-même, il y a plus d’une façon de détruire un livre : par exemple : rendre les gens incapables de lire, par simple désintéressement vis à vis de la littérature.
« On ne brûle pas encore les livres, mais on les étouffe sous le silence » Jean d’Ormesson
