11/05/2009 | Catégories: Non classé | Tags:

Expédition à Stonehenge, Wincanton / Ankh Morpork, Camelot & Glastonbury

La Panda de bon matin

Réveil difficile à 3h10, petit déj rapide et on se prépare avant que Flo appelle vers 4h20: ils nous attendent en bas. Le temps de finir de préparer les affaires et on s’entasse dans la Panda, direction Calais pendant que le jour peine à se lever. Arrivés à Coquelles sans avoir vu beaucoup de monde sur la route, on passe à la borne d’enregistrement, et comme on est en avance et qu’on ne peut pas dire qu’il y ait foule, on peut prendre le train plus tôt que prévu.
Un gendarme - ou quelque chose du genre - a fait le tour de la fenêtre d’Alex avec un bâton pour voir si on avait pas d’explosif, apparemment c’est bon, on en avait pas… et hop, douane anglaise. On donne nos cartes d’identité à la très aimable employée qui nous appelle sèchement chacun notre tour… arrivé au mien elle a regardé par deux fois la carte puis moi d’un œil suspicieux avant de nous laisser passer…
On se gare dans la navette et on sort se dégourdir les jambes le temps de la traversée. 35 minutes après… il va falloir conduire à gauche…

Welcome in England… it’s raining !

Le jour s’est levé et Alex prend l’autoroute en luttant contre les habitudes et les réflexes des gens normaux qui conduisent du bon côté de la route. C’est très déstabilisant. Les aires d’autoroutes sont rares, mais quand il y en a… ce sont des vrais petits centres commerciaux. On s’y arrête et Lilou, Flo et Alex prennent une boisson de petit déj…taille XXL pour nous français habitués aux doses de radins. Le temps qu’Alex se repose un peu et on reprend la route direction Londres, qu’on va contourner pour prendre la direction de Stonehenge. Le temps se couvre pas mal, et il finit par pleuvoir pour de bon. On est en Angleterre après tout…

Stonehenge...avant que les nuages nous rattrappent

Stonehenge...avant que les nuages nous rattrappent

A l’arrière on somnole plus ou moins, et on se réveille un peu avant de voir un immense cercle de pierre au milieu d’une colline en face. On est arrivés à Stonehenge avant la pluie. On se gare et on paye nos places pour aller sur le site. C’est impressionnant, nous sommes tout petits à côtés de ces monuments erigés il y a plus de 3000 ans. Le seul regret viens du côté - inévitable - touristique de la chose: un chemin balisé qui nous fait passer à plus de 40 mètres des monolithes, les groupes de touristes japonais qui se prennent en photo devant en faisant un “V” avec les doigts et qui font demi tour 2 minutes après…bref.

Stonehenge avant qu'on reparte...

Stonehenge avant qu'on reparte...

On a aussi pu voir que le site était étroitement surveillé par des nuées de corbeaux - pas mal pour l’ambiance - et 3 moutons au galop qui s’approchent de quiconque avance un peu trop près de la limite des rembardes.
J’ai pu faire pas mal de photos, au début sous un soleil timide, et vers la fin avec un arrière plan noir de nuages… On est repartis sous la pluie.

Le Consulat d’Ankh-Morpork

Sur la route, on joue à “Qui veut gagner des millions” sur la DS de Flo pendant qu’on se dirige vers le Somerset. Une petite heure après être partis de Stonehenge, on arrive à Wincanton, on a à peine le temps de remarquer le panneau à l’entrée de la ville qui indique que Wincanton est effectivement jumelée avec Ankh-Morpork. On se gare derrière l’Eglise st Peter & St Paul et on décide de découvrir le village à pied. On passe par l’enceinte de l’Eglise, avec son cimetière qui serait lugubre un soir sous la pluie: pas d’allées rectilignes comme chez nous, des tombes constellées de mousse éparpillées un peu partout dans l’herbe, des croix de guingois…

The Cunning Artificer

The Cunning Artificer

On avance le long de la rue principale et on finit par tomber sur “The Cunning Artificer” qui est aussi le consulat officiel d’Ankh Morpork au Royaume Uni. On entre.
Et là c’est l’émerveillement. Une dame Anglaise d’un certain âge nous accueille avec un “Oh…you read the books then ?”. On répond comme on peut, elle tente de faire la conversation mais notre anglais étant ce qu’il est, elle nous laisse découvrir la boutique. Partout ça fourmille de petits objets en métal, en bois, en résine, il y a des timbres un peu partout, beaucoup de livres bien sur, une peluche géante d’un fameux bibliothécaire orang-outan, des sculptures magnifiques (mais très chères hélas) et un chat apparemment très fier de son domaine.

Dundee

Dundee

On sent que tout ceci est fait par et pour des passionnés, à l’ancienne et à l’anglaise, d’une façon quasi-familiale: on est loin du merchandising tel qu’on le connait. Difficile de faire un choix de souvenirs dans tout ceci, on repart avec un livre de recettes de Nounou Ogg (avec notamment la fameuse recette du “pain et de l’eau”) et une pièce géante de la banque d’Ankh-Morpork.
Isobel - la tenancière - nous emballe nos achats avec soin, nous glisse quelques petites cartes à collectionner dans le sac, un peu comme les bons points de l’école primaire. Pendant ce temps, elle nous présente Dundee, le chat, qui n’hésite pas à faire ses griffes sur le comptoir pendant qu’on paie.
Avant de partir, Flo remarque un article de journal punaisé à côté du comptoir à propos de l’inauguration de nouvelles rues dans la ville qui portent les noms de celles d’Ankh-Morpork. Il demande à Isobel comment nous y rendre, elle nous indique ou c’est - mais on a pas tout bien interprété… - et nous prévient qu’il n’y a que les rues, tout est en travaux puisqu’ils construisent un nouveau lotissement, et qu’il nous faudrait revenir d’ici un an pour voir tout terminé.
Nous prenons congés et on tente d’y aller a pied. Bon le premier essai n’était pas le bon, mais on a vu les hauteurs de Wincanton qui est décidément un village magnifique avec des p… de maisons.
On finit par retourner à la voiture pour tenter de trouver ces rues. On tourne en long et en large dans Wincanton sans trouver, on fait une pause sur un parking pour grignoter et faire quelques courses dans le petit supermarché à côté.
On reprend la route, Alex fait méthodiquement chaque rue et on finit par arriver dans des quartiers qui semblent plus récents, et une rue qui se termine avec des travaux, inaccessible. On ne déduit que ça doit être là.

Environs de South Cadbury

Environs de South Cadbury

“Ah Ah ah. Je vous ai bien niqués” Le Roi Arthur

Alex reprend la route jusque Yeovil, censée être proche du château de Cadbury, mais on se rend compte arrivés là bas qu’il faut retourner en arrière. Leslie propose de remplacer Alex au volant, Flo paramètre le GPS et on repart… Lilou ne connaissant pas la Panda, le moment était peut être mal choisi pour commencer à l’apprivoiser: la sortie du parking consiste en un démarrage en côte dans un virage pour arriver sur une voie assez rapide… Lilou a donc calé en plein milieu, le temps de se retrouver nez à nez avec un taxi…
On continue la route, le GPS nous fait passer par de superbes routes de campagne, avec des talus d’un mètre de haut sur les côtés, qui serpentent au milieu des champs et des sous bois. C’est vraiment très beau. Mais étroit.
Et les anglais ont la particularité de ne pas avoir de petites voitures: ils ne prennent que des 4×4 ou des grosses berlines. Et quand on se croise, c’est assez terrifiant, surtout dans une montée. Et même dans une descente d’ailleurs. Flo et moi à l’arrière n’en menions pas large. Mais Lilou a assuré puisqu’on est toujours en vie.

Camelot ?

Camelot ?

Arrivés à destination on se gare sur un petit parking entre les 3 maisons qui composent le hameau et on suit le chemin indiqué “Pedestrian Access to the Castle”. Le château de Cadbury est supposé être l’une des location possible du fameux Camelot. On suit donc le sentier qui est un petit chemin de randonnée, et qui ne tarde pas à nous offrir une belle montée. On arrive sur un plateau de verdure, mais pas de trace de château… Alex va voir jusqu’à l’horizon, moi d’un autre côté : rien. On rejoint Alex d’ou on a une vue magnifique sur la région. Mais pas de château. Leslie et Flo se laissent rouler en bas d’une pente et on repart en longeant le terre plein sur le côté de la plaine - celle ci ayant été investies par les vaches. En redescendant de le sentier on regarde partout…mais non, il n’y a vraiment pas de château.
Un petit panneau, qu’on avait vu en montant mais qui prend tout son sens en redescendant : “Still Looking For The Castle ?” avec un message pour aller à un restaurant “The Camelot”. Arrivés en bas du chemin, on remarque, perdu dans les feuilles de la haie, un panneau expliquant le site: en effet la plaine d’ou nous venions a bien vu un château à l’époque celte / romaine, des écrits du XVI eme siècle parle d’une ancienne forteresse d’Arthur, des vestiges y ont été retrouvés dans les années 50 et le terre plein que nous avions vu devait être le socle d’anciens remparts. Mais toujours est-il qu’il ne reste plus rien…

Panorama depuis l'enplacement d'un château qui a pu être Camelot...

Panorama depuis l'enplacement d'un château qui a pu être Camelot...

La Mystérieuse Glastonbury.

The George & Pilgrim's Hotel

The George & Pilgrim's Hotel

On reprend la route direction Glastonbury en espérant y trouver un hôtel ou un Bed & Breakfast. En traversant la petite ville, on remarque plusieurs boutiques de magie ou d’ésotérisme, des gens habillés en tenues moyenâgeuses, un hôtel qui semble avoir été préservés depuis 500 ans… une atmosphère particulière règne ici. Cette ville est le berceau des légendes Arthurienes, les environs étant sous les eaux il y a plus de 1000 ans, la colline imposante ou siège la Tor était assimilée à l’île d’Avalon, une église fondée par Joseph d’Arimathie etc. De plus, pour ajouter à l’ambiance mystérieuse, l’abbaye du coin a été dissoute aux XVI ème siècle et l’abbé du coin pendu en haut de la Tor sur ordre du roi de l’époque. Sympa non ?

Man, Myth & Magic

Man, Myth & Magic

…On remonte la rue principale et on tente le coup au premier Bed & Breakfast qu’on voit. On sonne à une cloche et un homme vient ouvrir le haut de la porte de la cuisine, Flo lui dit qu’on cherche deux chambres, il va voir, revient, repart encore pour finalement nous dire que c’est bon. Il nous donne les clef, on le paiera quand on aura retiré du liquide. Il nous montre nos chambres: celle de Lilou et moi est immense, avec un lit double plus un lit d’appoint, un frigo, une TV, une salle de bain. Tout est nickel. On ne regrette pas nos 60£. Flo et Alex ont une chambre avec deux lits et la clef de la salle de bain du palier, avec baignoire en prime.

La chambre du Bed & Breakfast

La chambre du Bed & Breakfast

On repart retirer du liquide à un distributeur et on récupère la voiture pour une expédition McDo en dehors de la ville. Lilou conduit, les ronds points anglais sont une véritable abbérration, mais on survit. On revient dans Glastonbury et on cherche un parking pour la nuit, on en trouve un à 200 mètre de notre bed & breakfast. On aperçoit notre logeur au loin, on tente de le rattraper mais il tourne une rue trop tôt…

Non, c'est pas le soleil, c'est bien la lune...

Non, c'est pas le soleil, c'est bien la lune...

Un homme se demandait ce qu’on cherchait, et nous indique que ce soir, si ça nous intéresse, il y a les festivités de la pleine lune, celle de mai étant particulière. Ca se passe à la Tor, la tour sur la colline assez raide attenante à la ville. Tentés par ce qu’il nous propose, on repousse à un peu plus loin la douche et le lit tant désirés et on repart direction la Tor. C’est le crépuscule, il n’y a pas grand monde. On suit le chemin - ballade superbe au demeurant - deux femmes nous devancent d’une centaine de mètres. Au bout d’un moment l’une d’elles redescend, Flo lui demande si elle sait ou se passent les festivités… mais elle n’en savait rien elle n’était pas du coin. Elle nous indique que sa copine, elle, serait peut être au courant… on reprend la montée, la copine en question, qui s’était arrêtée, reprend la marche aussi… et elle s’arrête quand je change d’objectif pour prendre des photos, et se remet en marche aussitôt qu’on repart… on ne l’a jamais rattrapée…
La nuit tombe, on traverse un chemin dans un sous bois, niveau “ambiance film d’horreur”, c’est réussi. On commence à cogiter: les touristes français seuls dans une ville étrangère, un mystérieux inconnu qui nous invite à une fête étrange a l’extérieur de la ville, la nuit tombante, la femme qui semble nous surveiller mais qu’on ne rattrape pas…
On traverse une prairie qui arrive sur une route: enfin quelqu’un ! il y a une voiture blanche garée sur le côté… en arrivant à son niveau, un homme joufflu, la soixantaine, se tourne vers nous brusquement… à l’arrière de sa voiture, un berger allemand et une tenue étrange qui ressemble à une toge… on presse le pas. On attaque la colline proprement dite. Le vent froid souffle fort ici, on n’est pas protégés. On monte, toujours seuls. Il fait de plus en plus sombre. On croise deux personnes qui descendent. Pour maintenant, autant aller jusqu’en haut.

La Tor de Glastonbury

La Tor de Glastonbury

Nous y sommes enfins. La vue est impressionnante - breathtaking comme disent les anglais - aussi bien le panoramique que cette tour dressée au sommet. Dans la tour, quatre personne parlent en se tenant les mains. Bon. Pourquoi pas. Je tente quelques photos des environs, peine perdue. Je me rend compte que les gens dans la tour répètent tout le temps la même chose et je n’y comprend pas un mot, ça ne doit pas être de l’anglais…
On ne s’éternise pas et on redescend, il fait quasiment noir maintenant. après avoir faire une vingtaine de mètres, on entend les gens de la tour élever la voix et dire “ia ! ia !” et à crier… Vu le nombre impressionnant de bouses de vaches au sommet de cette colline pourtant abrupte, on en déduit que comme ils n’arrivent pas à invoquer Cthulhu, ils invoquent des vaches…
On refait le chemin inverse, le vieux dans sa voiture est toujours là, et toujours aussi flippant. On a peur de l’entendre démarrer et de nous foncer dessus après qu’on l’ait doublé. On retraverse le sous bois à la file indienne en se tenant la main, Flo ouvrant la marche. Comme dans tout bon film d’horreur, on n’a pas de lampe de poche…
On arrive enfin en bas du chemin ou deux filles (Est-ce elles qui ont crié “They Are Coming” un peu avant que nous soyons en bas ?) nous saluent d’un “Good evening”. On aura pas vu de festivités au sens ou on l’entendait, mais c’etait tout de même un bon moment… et on a peut être échappé au sacrifice de touristes…

Petit déj à l’anglaise et ballade dans Glastonbury.

Après une nuit de repos, on se lève à 7 h (heure anglaise) - sauf Flo qui a fait un tour dans la ville - et on descend pour le petit déjeuner. Notre logeur nous demande si on veut un petit déjeuner traditionnel, et on accepte. Il nous apporte du thé, diverses confitures, des toasts, des jus de fruits, et après, une assiette avec haricots à la sauce sucrée, bacon, pain frit et œuf poché. Le pire c’est que c’était pas mauvais, mais ça ouvre l’appétit.
Dans la foulée on fait le “check-out” avec notre logeur… ce qui consiste à lui rendre la clef, il ne vérifie pas l’état de la chambre. On prend congés et nous voilà de nouveau à arpenter les rues peu animées à cette heure là. Les boutiques ne sont pas encore ouvertes, et on décide d’aller visiter le site de l’abbaye.

L'abbaye de Glastonbury

L'abbaye de Glastonbury

C’est assez immense, des vestiges de chapelles subsistent, des tracés nous montrent à quel point ce devait être grandiose auparavant. On voit l’emplacement de la tombe supposée du roi Arthur, là ou les moines ont découvert une dalle avec une croix en plomb portant l’inscription “hic jacet sepultus inclitus rex arturius in insula avalonia” (”Ci-gît le renommé roi Arthur dans l’île d’Avalon”) et dessous un cercueil renfermant le squelette d’un homme de 2,40m en 1191. La pancarte en lieu et place de ce cercueil est un peu décevante par rapport à l’histoire.

"J'ai fait quelques desserts..."

"J'ai fait quelques desserts..."

On visite les anciennes cuisines, où la reconstitution est vraiment excellente: des plats de l’époque sont exposés, ca sent bon, il y a des épices partout… un beau travail de reconstitution. Le sentier nous emmène dans les jardins, où, derrière des champs de pommiers, on trouve des carrés de plantes diverses et variées, utilisées à l’époque aussi bien en cuisine que pour se soigner.
On parcours l’immense parc aux arbres majestueux, Flo, Alex et Lilou se retrouvent aux prises avec un jar (qu’on croirait croisé avec un bélier vu son attitude) qui bloquait tout simplement le passage du pont de l’étang.
Après pas mal de photos on ressort dans la ville, maintenant que les magasins sont ouverts, on compte bien voir ce qu’il y a dans ces enseignes comme “Man, Myth And Magic” ou “Witchcraft Ltd”.
Sur une place un groupe joue de la musique… une violoniste, un guitariste / harmoniciste et un bassiste avec une basse tunée pour ressembler à une contrebasse. Ils jouent amplifiés, si bien qu’on oublie les bruits de voitures qui passent, et leur musique s’entend jusque dans les magasins.
Alex a acheté des autocollants pour voiture qui vont faire fureur sur la panda, Flo des “scones” pas mauvais du tout, Lilou n’a pas trouvé de beaux vêtements qui soient à sa taille et pas hors de prix, et moi j’ai rien trouvé d’intéressant.

Glastonbury

Glastonbury

Mais le temps passe  et vu la route qui nous attends pour retourner en France, on doit quitter Glastonbury, direction : Burnham-On-Sea, histoire de voir la mer, mais de l’autre côté que celui qu’on connait.
Une petite demi-heure de route où Alex s’en donne à cœur joie dans les virages et les bosses et on arrive sur Burnham-on-Sea, une petite ville côtière. La plage est assez triste, sans doute à cause de l’esplanade tout en vieux béton marron… et aussi parce qu’il n’y a pas la mer… c’est marée basse et apparemment l’eau se retire complètement du détroit.

Burnham-on-Sea

Burnham-on-Sea

On marche un peu sur la plage, Alex manque d’y rester en voulant voir si les sables mouvants sont vraiment des sables mouvants, et on teste la spécialité locale dans un fish’n chips.
L’organisation n’est pas leur fort - ni le chicken burger (deux tranches de pain et un blanc de poulet pané graisseux) - et on part manger sur la plage. Leslie donne une frite à une mouette, qui semble aimer ça… et qui ne tarde pas à ameuter les autres mouettes du coin. On se retrouve avec une vingtaine de mouettes qui se battent pour nos frites et nous tournent autour. Et qui continuent de nous suivre quand on s’éloigne dans la ville.
On fait une rue commerçante, il y a pas mal de monde, c’est un samedi après midi. Leslie flashe sur une robe de soirée en vitrine d’un magasin d’occasions à but caritatif… c’était écrit “£2.75″ mais ça n’avait vraiment pas l’air cher pour ce que c’était. Elle entre, essaye, c’est bien 2.75 £… on achète ! Flo en profite pour acheter un Winnie en peluche et des vêtements de bébé, et on reprend la voiture.
On fait une halte dans un Tesco - où ils ne vendent pas que de l’alcool, comme en France - on fait nos derniers achats et cette fois on part pour de bon, direction Folkestone.

Alex laissera le volant à Leslie au niveau de Londres pour dormir un peu à l’arrière de la Panda. On s’arrête sur une aire d’autoroute où Leslie achète 5 kitkat au beurre de cacahuète, le cassier fait une drôle de tête.
Mais comme on a un peu trop traîné au Tesco, on a loupé l’embarquement de notre navette, mais on peut prendre la suivante sans problèmes, on patiente juste dans les magasins déserts du terminal.
On est arrivés sur Lille vers 23 h, heure française… crevés, mais contents de notre séjour, et avec une idée en tête : on remettra ça !

Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009 Voyage Somerset 08-09 mai 2009

17/03/2009 | Catégories: BD, Mainstream | Tags: , ,

"Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses"” Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses ou comment j’ai cru devenir libraire ” est une BD de Leslie Plée, une ex libraire dans ce qu’on appelle une grande surface culturelle… Et Leslie, comme beaucoup de monde, à un blog. Mais Leslie, comme déjà beaucoup moins de monde, sait dessiner, et a LE truc qui fait que ses planches sont drôles.

Tout a commencé pour moi en décembre dernier, avec l’opération www.monbeausapin.org qui a fait son petit buzz sur le net: chaque jour, un blogueur (ou une blogueuse)  BD faisait un dessin sur le thème de Noël, les visites sur le site étant comptabilisées en zeuros en partenariat avec la Croix Rouge et Orange. Pour la petite histoire le site a eu un succès qui a dépassé les espérances…

Leslie Plée a fait un dessin pour l’occasion, et ma femme (une autre Leslie) est devenue fan immédiatement (je pense que le prénom y est pour quelque chose ;) ). J’ai lu les archives de son blog, et j’ai suivi les mises à jours…

Le jour, Leslie était libraire et le soir, blogueuse… ou elle racontait ses journées.
Tout amoureux des livres a déjà pensé “Ah j’aimerais bien devenir libraire, avec tous les livres tout ça…”. Eh bien le quotidien de Leslie nous fait déchanter, et avec le sourire. Joli tour de force.
De la préparation avant l’ouverture du magasin jusqu’aux clients les plus bizarres en passant par les réuniosn ave cle manager, Leslie nous fait part avec son dessin naïf de sa grande désillusion. Souhaitons lui une longue carrière dans la BD, elle est sur la bonne voie…

A lire à tout prix, et si votre Fnac ne met pas sa BD en tête de gondole, n’hésitez pas à demander au libraire !

Dernière chose : le blog de Leslie Plée

14/03/2009 | Catégories: Inclassable | Tags:
Trolls & Légendes

Trolls & Légendes

Les 10 - 11 - 12 avril à Mons, en Belgique, se tiendra le Festival Trolls & Légendes avec des dizaines d’écrivains, d’auteurs et de dessinateurs de BD, d’illsutrateurs, des auteurs de jeux, des concerts… autour de la Fantasy. 8000 m² d’expos et d’émerveillement pour ce rendez-vous des amateurs de Fantasy.
Rendez vous au Festival !

29/04/2008 | Catégories: Inclassable | Tags: , ,
Face Contre Ciel - Ozanam & Bandini

Face Contre Ciel - Ozanam & Bandini

Busaras est un ancien soldat traumatisé par la guerre. Son monde se réduit au désert rocailleux, aux loups (ses proies) et aux oiseaux (ses enemis) - et non l’inverse.

Busaras n’aime pas les oiseaux. Mais alors pas du tout. Il les hait, surtout quand ils lui volent sa nourriture. Comme c’est une guerre, et que la meilleure défense est l’attaque, Busaras décide de capturer ses maudits oiseaux, grâce à son armées d’épouvantails à son effigie.
Parmi les oiseaux qu’il a capturé se trouve le roi des oiseaux, qui lui propose un marché : Busaras doit libérer tout les oiseaux, et le roi restera avec lui, pour lui tenir compagnie et lui obéir.
Mais Busaras est sans doute trop naïf, d’où sa fin tragique… et sa renaissance.

“Face contre Ciel” est construit en 4 actes, la première partie dans le désert est très étrange, violente, la seconde plus poétique, pleine d’espoir, la troisième est mystérieuse tandis que la dernière est dramatique. Voilà le voyage que nous propose Ozanam dans l’univers écorché de Bandini: Jamais le terme “écorché” ne s’est aussi bien appliqué pour caractériser un dessin. Dans les premières pages on a du mal à s’y faire, au terme des 116 pages on admire le carnet de croquis en bonus. Le récit sait nous surprendre, et ne nous laisse pas indifférents.

Attention OVNI ! Cette BD fait partie de celles qui vous offrent en une centaines de page un petit monde dont on se souvient longtemps après avoir refermé l’album. Même si on pourra regretter la qualité du papier des éditions KSTR, il serait dommage de passer à côté de cette pépite (d’autant que le prix est très raisonnable - 10 € - quand on voit les prix pratiqués dans les autres collections franco-belges…)
Merci pour cette découverte Véro…

La Zone du Dehors - Alain Damasio

La Zone du Dehors - Alain Damasio

Alain Damasio peut se décomposer en deux personnes : Docteur Volte et Mister Horde. “La Horde du Contrevent” comme je l’ai déjà dit ici, est un monument de la littérature de l’imaginaire. “La Zone du Dehors” - écrit avant mais réedité après - est encore une fois à la croisée de plusieurs genres : en partant de la SF, Damasio a fait un bouquin de reflexion politique anarchiste. Inutile de dire que les sarkozistes ne finiront pas le livre.

Sur Cerclon, un astéroïde de Saturne colonisé suite à la quatrième guerre mondiale qui a ravagé l’Europe, tout est très bien organisé. Le Clastre vous indique votre position dans la société: tout les deux ans vous changez de nom. Tout en haut de l’echelle, les 1-lettrés, avec A qui gouverne. Tout en bas les 5-lettrés, dont Qzaac, élevé au rang de star par les médias.
La société de Cerlon est à quelque années de la notre. Tout est lisse, lissé, policé. Les médias nous dirigent, dirigent le gouvernement - et vice versa.
Tout le monde rentre dans le moule, mène sa petite vie constitue de routines, véritables programmes informatiques sans les bugs.
Sauf les Voltés. Ce groupe de révolutionnaires, dont certains ont connu la Terre, ne veulent plus de cette pseudo vie. Ils veulent avoir le droit. Droit aux erreurs, droit aux coups de folie, droit à l’inhabituel. Droit à la liberté sans surveillance, tout simplement.
Leur chef, Captp, est un orateur, professeur d’université, élevé aux philosophies de Nietzche, Foucault et Deleuze. Ses harangues éclairées séduisent les jeunes, dont la belle Bdcht, alias Boule de Chat. Kamio, son comparse artiste peintre, est plus modéré que le fougueux Slift, dit le Snake: il veut de l’action. Obffs et Brihx complètent le quintet qui forme le Bosquet : ils dirigent la Volte, grand ennemi - ce sont des terroristes pour les médias - du Gouvernement.

Quand Slift décide que les discussions, ça commence à bien faire, et qu’il faut passer à l’action, la Volte de scinde: Les Moltés la quittent, ne restent que les vrais Voltés. Et ils vont en effet passer à l’action, de plus en plus ambitieuses, jusqu’à la capture de l’Immeuble TV, saint parmi les saints…

Alain Damasio a écrit ce livre pour parler. Pour faire sortir ce qui était en lui et qu’il ne parvenait pas a exprimer dans les cadres politiques habituels. Et il parle beaucoup. C’est le reproche de ce livre : j’ai failli le refermer pour de bon aux alentours de la page 100. Les discussion philosophico-politiques sont interminables. Même si ce qu’il dit est souvent très intéressant - pour autant qu’on ne soit pas réfractaire aux théories anarchistes utopiques. Ceux dont le quotidien consiste au métro-boulot-infos-tv-dodo se sentiront visés. Damasio veut éveiller les consciences, et provoquer une Volution, non pas une révolution.
Autre reproche : Captp parle bien, Kamio aussi, mais quand des personnages de la rue parlent aussi bien qu’eux, avec un style et un vocabulaire choisis, on ne peut s’empecher de se dire que Damasio s’est laissé emporter: il parle par toutes les bouches. Personellement j’ai trouvé ça un peu dommage, le contraste avec Captp n’existe plus.
Les bons points : ce livre fait réfléchir, à l’instar d’un “1984″ ou d’un “Meilleur des Mondes”, mais plus proche de nous, à la française. Sarkozy n’est pas loin, même si la première version du livre remonte à avant son sacre. Comme le dit Damasio dans sa postface, aujourd’hui on retrouve un scooter volé avec de l’ADN, demain les puces RFID vont envahir nos supermarchés. Cerclon est à nos portes.
Un livre qui, malgrè ses défauts, mérite amplement d’être lu. Si ca peut vous rassurer, les passages d’action sont haletants, et il y a une véritable histoire humaine derrière les revendications anarchistes. Et cela confirme que Damasio est un grand écrivain, avec un style propre. Ce qui plait ou ne plait pas.

06/09/2007 | Catégories: Fantasy | Tags: , , , , ,
Le Cycle de La Tour Sombre - Stephen King

Le Cycle de La Tour Sombre - Stephen King

Stephen King, vous connaissez. Non seulement y’a des bouquins tout noirs de lui partout, et en plus il sort des films d’horreur tout le temps.
Non.
Enfin, pour être plus précis : pas seulement.
Stephen King a un succès phénoménal, mais quel dommage. Oui c’est paradoxal, mais son succès est dû aux oeuvres de ses débuts (”Carrie, “Shining”,”Cujo”) et les éditeurs français se font une joie de rappeler ça sur les présentations des bouquins, comme s’il n’avait rien fait depuis. Or Stephen King est un des plus grand écrivains de ce siècle, et il en a fait des bouquins, pas tous de la même qualité, loin de là.
Eh oui. Succès peut rimer avec qualité.
Lisez “Différentes Saisons”. On en reparlera. Lisez “Sac d’Os”. On oubliera “Cujo” assez vite.
Le problème c’est que Stephen King est mal vu des amateurs de SF ou Fantasy à cause de cette renommée justement (pas assez underground le gars) et encore plus mal vu de l’intelligentsia littéraire (”Je suis l’equivalent du Big Mac en littérature”, Stephen King). “La Tour Sombre” a les qualités nécessaires pour redonner ses lettres de noblesse au maître de Bangor.
Si 4500 pages ne vous rebutent pas, attelez vous au cycle de “La Tour Sombre”. C’est de la Fantasy, à l’instar du Seigneur des Anneaux, mais point d’elfes ou de nains ici. Non c’est de la fantasy nourrie à l’Amérique des années 50. Le chevalier est un Pistolero tout droit sorti d’un western, et le monde est loin d’être enchanteur. “C’est un monde qui change”, et pas dans le bon sens.

Je ne veux pas trop dévoiler de l’intrigue, c’est pourquoi cet article est un exercice très délicat : comment donner envie aux gens de lire 4500 pages sans parler de l’histoire ?
Parce que justement, ce serait gâcher le plaisir de la découverte. Je vais donc parler des deux premiers tomes, pour n’ensuite qu’évoquer l’ambiance des suivants.

Stephen King a été très ambitieux, il a commencé ce cycle en 1970 alors qu’il avait 20 ans. Et rentrons dans le vif du sujet avec le premier tome, qui est hélas, le moins bon du cycle. Oui c’est plein d’erreurs de jeunesse, le style est froid, ca manque de cohérence.
Mais la récompense - les 6 tomes qui suivent - mérite qu’on s’écharne.
On fait connaissance avec le personnage de Roland de Gilead, dernier des Pistoleros, dans un monde décrépit. Il a une quête : tuer l’homme en noir, qui le précède sur sa route et trouver la Tour Sombre.
Pourquoi ?
Attendez quelques tomes pour avoir les réponses.
Après un séjour dramatique dans la ville de Tull, il croisera sur sa route Jake, un enfant qui vient de mourir dans son monde et qui s’est retrouvé dans un relai abandonné en plein désert dans le monde de Roland…
Accrochez vous à la lecture de ce tome, on ne le dira jamais assez : c’est pas marrant, mais indispensable pour la suite, qui est autrement plus jouissive.

Dans le deuxième tome “Les Trois Cartes.”, on retrouve roland, mourant et estropié sur une plage inconnue, et qui va trouver trois portes sur son chemin. Trois portes magiques qui donnent sur trois New York différents : années 60, 70 et 80. Dans chacun de ces New York il va se retrouver dans la tête de trois personnages: le prisonnier Eddie, junkie de son état, la Dame d’Ombres (O)Detta, handicapée schizophrène et… la mort.
Le ka-tet - terme pour désigner plus qu’une confrérie, une famille soudée - se forme. Le style n’a plus rien à voir avec le Pistolero. Ca commence sur les chapeaux de roue avec Eddie, le rythme se relâche un peu avec Detta/Odetta, et se termine en bon film d’action américain avec le dernier personnage. N’y voyez nulle critique là dedans, les bons film d’action, ça se regarde très bien. Et écrit par Stephen King, on tourne les pages frénétiquement.

Dans “Terres Perdues”, on fait plus ample connaissance avec le ka-tet de Roland. Les personnages s’étoffent. Leur chemin progresse dans une ambiance post-apocalyptique dans l’étrange ville de Lud. De nouveaux personnages terrifiants font leur apparition: Gasher, L’Homme Tic-Tac et surtout Blaine… tandis que d’anciens personnages ressurgissent… je n’en dirais pas plus.
Chaque personnage à son heure de gloire, le rythme est dans la lignée du tome précédent, on ne s’ennuie pas.

Arrivé au quatrième tome, “Magie & Cristal”, attention, chef d’oeuvre!
S’il faut lire la Tour Sombre, c’est en partie grâce à ce bijou, du Stephen King au sommet de son art.
Ici pas de jeune fille telekinesisthe ni de père de famille avec sa hache. Ni de clown.
Non ici Stephen King s’attache à la délicate tâche de raconter le passé de Roland, et son premier et unique Amour perdu, Susan Delgado. On est loin du roman d’horreur.
Au fil des pages, baignés dans l’ambiance mélancolique de Mejis, on se surprend à s’émouvoir de cette histoire d’Amour caché, ce pseudo conte de fées avec ses gentils, ses méchants, sa sorcière maléfique. On verse une larme à l’occasion aussi.
Le défi était de taille, Stephen King l’a surmonté avec panache. Il a enchaîné l’écriture de “Sac d’Os” suite à l’écriture de ce volume, si vous l’avez lu, vous comprendrez à quel point il était inspiré à cette époque.

Quelques années plus tard, après son fameux accident qui a failli lui coûter la vie, Stephen King s’est acharné à terminer son cycle de peur de mourir et de laisser ce chantier inachevé. Il voulait faire de la Tour Sombre la pierre de faîte de son oeuvre.
Le cinquième tome, “Les Loups de la Calla”, est sorti en 2003. Le ka-tet va être confronté à son devoir de protection envers qui le demande, ici un village, dont toutes les naissances donnent des jumeaux, voit tout les 25 ans des loups arriver pour emporter un des deux jumeaux . Ils reviennent quelques temps après complètement idiots, lobotomisés. Et cette fois, les villageois veulent offrir un comité d’accueil.
Les pièces du puzzle s’assemblent quand on fait la connaissance avec un “nouveau” personnage en la personne du Père Don Callahan… qui n’est pas vraiment nouveau si vous vous souvenez de “‘Salem”… On découvre aussi Mia, et on évoque un mystérieux écrivain du Maine qui aurait écrit leur aventures avant qu’ils les vivents. Un certain Stephen King.
Un tome intéressant au final, même si on pourra regretter les longs chapitres ou Don Callahan raconte son histoire, ce qui coupe un peu le rythme. Roland et son ka-tet progressent néanmoins vers la Tour Sombre, et on a enfin l’impression que Stephen King sait ou il va…

Le sixième tome “Le Chant de Susannah” voit le ka-tet de Roland dispersé. Difficile de raconter l’intrigue à ce niveau, ce serait révéler trop d’informations que je vous laisserai découvrir. C’est un épisode bien ficelé, la rencontre avec Stephen King peut soit voir faire dire “Mais quel mégalo ce King !” ou “Ah oui bien joué…”. La suite donnera raison à la deuxième solution, Stephen King n’hésitant pas à être très critique envers lui même, ce qui peut etre savoureux si on connait bien le personnage.
La Tour Sombre approche.

Dans le septième et dernier tome, vous serez au bout de vos “peines”, le dénouement est proche, mais il reste parsemé de tragédies. Le puzzle prend vie, de nouveaux liens avec l’oeuvre de King ont crées avec le personnage de Ted Brautigan de “Coeurs Perdus en Atlantide”. La première moitié du livre tient du génie, on frôle la perfection de “Magie et Cristal” par moments. La seconde moitié est moins agréable, on dirait qu’il manque quelque chose. Sans doute l’inexorabilité de la fin de la quête qui se profile.
Une fin magistrale - ou plutôt deux, si vous choisissez de lire la deuxième fin (Stephen King vous laissera le choix) - à la hauteur de ce que nous avons vécu au fil des 4500 pages. Car oui, c’est long. Mais ça nous laisse largement le temps de s’immerger dans l’Entre Deux Mondes et dans la peau des personnages. Stephen King est doué pour ça, sans doute son plus grand talent, alors si vous voulez vous évader et vivre la quête de la Tour Sombre, prenez part au ka-tet de Roland, il y a une place pour vous, même si elle n’est pas mentionnée explicitement par l’auteur. Sans lecteur, le ka-tet n’est rien.
Une oeuvre majeure de la littérature de l’imaginaire, à ranger à côté du Seigneur des Anneaux, Dune ou la Trilogie Martienne, entre Fantasy et SF…

” L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait… “

04/04/2007 | Catégories: Fantasy, Mainstream, Science-Fiction | Tags: , , ,

La Horde du Contrevent - Alain Damasio

La Horde du Contrevent - Alain Damasio

Attention, monument.
Que vous aimiez la SF, la Fantasy, l’aventure, le suspens, la poésie ou tout simplement la bonne littérature, Alain Damasio est l’auteur à découvrir.
Oubliez la SF des petits bonshommes verts ou la fantasy des magiciens, La Horde du Contrevent est cataloguée SF parce que c’est trop étrange pour entrer dans la littérature dite « générale ».
Grand Prix de l’Imaginaire 2006, « la Horde du Contrevent » qui n’est que le second roman de Damasio, vient d’être réédité chez Folio SF. Et c’est une claque retentissante.

Ils sont 23, formés dès l’enfance pour parcourir le monde, face aux vents, pour atteindre un but ultime : découvrir d’où vient la source des vents. 23 personnalités différentes, qui vont de l’imposant et impitoyable Golgoth à la croc Coriolis, en passant par Sov le scribe, Caracole le troubadour, Steppe le fleuron, Erg le combattant protcteur, Oroshi l’aéromaître, Pietro le prince, Alme la soigneuse ou encore Silamphre l’artisan du bois…
Ensemble, contre les vents furieux, douloureux et mortels, ils vont faire bloc.

Je ne vous en dirais par plus sur l’histoire, qui n’est que le filigrane de 23 autres histoires. Le génie de Damasio est d’avoir réussi à chaque paragraphe à nous raconter leur histoire par les yeux de chacun d’entre eux, toujours à la première personne. L’expérience peut être déroutante, mais elle se révèle jouissive et unique. Le symbole en début de chaque paragraphe nous indique dans la peau de qui on se trouve, et au fil du roman, on finit par reconnaître les personnages en fonction du style d’écriture, ce qui témoigne du travail d’orfèvre de Damasio. Il n’y a pas d’autre Héros que la Horde, pas de personnage plus ou moins importants, et on le ressent en lisant.
Il a poussé le vice jusqu’à inventer un langage, un vocabulaire très influencé par la nature du monde qu’il décrit. Le vent possède une multitude de noms, et possède même un langage, voire une musique pour le décrire. Sov nous explique dans les premiers chapitres les règles de cet art ou chaque vent est caractérisé par une série de ponctuation et d’espaces. La sensation d’immersion, encore une fois, est totale.

«La maturité de l’homme est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu lorsqu’on était enfant.»

Ce qui fait le succès (plus que mérité) de ce livre, est que Damasio a réussi sur tout les points : outre le système de narration, il sait raconter une histoire, chaque scène est visuellement très forte, Damasio joue avec les mots et avec notre Imaginaire, pour que le sien et le notre forment une symbiose parfaite.
Que ce soit lors des scènes de tempête (le premier chapitre est un bel exemple), de violence (le suspens lorsque Erg se bat contre un rival pendant tout un chapitre), de joutes verbales ahurissantes (Caracole contre Sélème ! un grand moment) et même (et surtout) l’émotion. Damasio sait doser à la perfection comment provoquer des réactions chez le lecteur. Loin de sombrer dans la facilité, il attend le moment propice pour émouvoir. C’est efficace et magique.
Par ailleurs Damasio est un passionné de philosophie, et ça transparaît dans la « Horde Du Contrevent », Nietzsche parle a travers la bouche de Caracole, Camus et Deleuze sont omniprésents et les scènes de réflexion servent de transition. Certains pourront trouver ça rébarbatif, mais à mon sens il n’en est rien au contraire, c’est une sorte de démocratisation de la philosophie en la rendant plus accessible.

Lorsqu’on lit un livre, on dit toujours après « Mon passage préféré c’est quand… » mais avec « la horde du Contrevent », on ne peut pas. Le passage préféré va du début à la fin. Mêmes les scènes transitoires sont captivantes, ce qui peut devenir gênant quand on doit refermer le livre !

Je vais arrêter de m’enthousiasmer, il faut vivre ce livre.
A noter qu’il a été précédemment édité chez la Volte, un jeune éditeur audacieux qui livre avec le roman un CD qui fait office de B.O.
Même si vous êtes réfractaire à la SF, même si le pavé peut sembler insurmontable (n’y pensez même pas, vous réclamerez une suite aussi en refermant le livre), même si vous êtes un peu largué dans les premières pages, il faut avoir lu la Horde du Contrevent.
Indispensable.
Je vous le prête même si il le faut.

«J’aime l’idée qu’un livre soit une arme, pas de jet ou de poing, plutôt une bombe à fragmentation douce, une grenade qui déchiquette les canaux habituels de la sensation ou dévie les autoroutes de nos pensées acquises. La Horde est un roman qui veut redonner aux gens le goût d’une vie ensemble, d’un partage concret, contre l’individualisme qu’on nous présente comme libérateur alors qu’il est le plus sûr moyen, pour les pouvoirs, de nous contrôler, en pures particules isolées et tristes. Etre lié délivre. Soyez complices du crime de vivre.» - Alain Damasio

31/01/2007 | Catégories: Science-Fiction | Tags: , , ,

Les Plus qu’humains - Theodore Sturgeon

Les Plus qu’humains - Theodore Sturgeon

Un homme vivait dans les bois. Il n’avait pas de nom ni d’éducation. Un jour, il perçoit un appel, une intuition. Il sort de sa forêt et se présente chez les Prodd, un vieux couple de fermiers. Ils vont lui apprendre à parler, et ils vont lui donner un nom : Tousseul.

Janie est une fillette de 5 ans qui n’aime pas sa mère – et c’est réciproque. Elle terrifie sa mère : elle sait faire bouger des objets à distance. Elle tue le temps en taquinant les jumelles qui habitent à côté. Elles ont deux ans, et elles adorent se débarrasser de leurs vêtements. Ce qui fait la joie de Janie, qui prend un malin plaisir à faire bouger les vêtements des jumelles pour leur faire peur.
Jusqu’au jour ou, dans les bois, elle aperçoit plusieurs fillettes qui ressemblent étrangement aux jumelles. Elles se vengent avec leur don à elles : la téléportation…

Les trois filles vont fuir leurs domiciles respectifs pour vivre dans une maison abandonnée à l’orée du bois.
Tousseul lui s’est enfui de chez les Prodd, s’est construit une cabane dans les bois. Et il reprend son ancien mode de vie. Mais lorsque trois petites filles viennent faire l’aumône, il sait que quelque chose de très important va changer…

Après avoir recueilli le bébé mongoloïde des Prodd, il vont désormais constituer un Homo Gestalt, successeur de l’Homo Sapiens, fruit de l’union d’êtres rejetés par la société.

Bonnie et Beany, les jumelles, seront les membres du corps du nouvel humain. Bébé sera le cerveau, Janie, la seule a comprendre Bébé, sera le lien entre la tête et les membres. Tousseul lui, sera le corps, l’élément indispensable pour la cohésion de cet homme.

Un jour, Tousseul sauve un garçon mort de froid. Il se nomme Gerry et il est en colère contre le monde. Et il ne sait pas quel est son rôle dans l’Homo Gestalt.
Jusqu’au jour ou Tousseul meurt, et ou l’Homo Gestlalt a besoin d’un nouveau corps…


« Les Plus Qu’Humains » est une histoire à part, tout comme son auteur, Theodore Sturgeon, d’un naturel pessimiste. Mais c’est justement un roman qui parle d’espoir, d’évolution, de possibilités, et tout simplement d’humanité. Une superbe fable sur la tolérance.
Et si le futur appartenait à l’Homo Gestalt ?

Mars la Rouge - Kim Stanley Robinson

Mars la Rouge - Kim Stanley Robinson

La Terre entière s’enfonce dans la récession globale. L’ONU a mis en place une opération de grande envergure : coloniser Mars.
Pour cela des scientifiques du monde entier sont sélectionnés, et subissent des tests dans l’Antarctique. A l’issue des tests, ils sont cent à embarquer à bord de l’Ares, le gigantesque vaisseau qui, au terme des neuf mois de voyage, déposera ses passagers sur la très inhospitalière Mars.

Mais dés le début on pressent que tout finira mal. Au sein même des Cent, des pressions apparaissent au bout de quelques mois à bord de l’Arès. Le russe Arkady répand ses idées révolutionnaires, la chef du camp russe Maya s’occupe de ses problèmes amoureux et pas vraiment de ses compatriotes, tandis que Frank Chalmers, son homologue américain, est contre toute idéologie qui n’est pas la sienne.

Les différents chapitres du roman nous montrent Mars selon les points de vue des personnages. Nadia, chargée des réparations, est heureuse une fois débarquée sur Mars, et tous ensemble ils se serrent les coudes, et s’adaptent à cette planète. Ann, quant à elle, voit tout cela d’un très mauvais œil: pour elle, Mars est une œuvre d’Art que les hommes sont déjà en train de détruire. Michel, le psychologue français, ne supporte plus ce climat, et rejoint les quelques scientifiques dissidents qui se sont cachés des autres, menés par la mystérieuse Hiroko. Sax adopte l’attitude du savant fou et expérimente dans son laboratoire : son objectif : terra-former Mars, la rendre aussi hospitalière que la terre.
Les années passent, et les cent sont bientôt rejoint par des milliers d’autres, puis des millions.
La situation sur terre se dégrade rapidement, et les places pour Mars sont chères.
John Boone, le premier homme à avoir mis le pied sur Mars, s’est porté volontaire pour être parmi les Cent premiers. Il est charismatique, et bientôt il fait office de détective. Il parcourt la planète afin de trouver une explication aux incidents qui ont failli lui coûter la vie. Mais il est loin de se douter que ce ne sont que les débuts des ennuis sur Mars. Les multinationales voient cette planète comme une énorme ressource, et vont tout faire pour l’exploiter. L’ONU va montrer ses limites, et Mars va connaître sa première guerre. Comme l’observera Ann, Mars la rouge n’est plus.

Ce premier tome de la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson est devenu un classique au même titre que les Chroniques Martiennes de Bradbury. Le réalisme scientifique est rigoureusement appliqué, fruit de 17 ans de recherches à la NASA. L’histoire est passionnante, les personnages ont leurs vies propres et on s’y attache. Mais plus que tout, c’est le talent d’écriture de Kim Stanley Robinson qui fait la force de ce roman. Il la maîtrise, et les descriptions de Mars sont telles qu’on aimerait faire partie des Cents pour voir ça. Récompensé par le Prix Nebula, ce roman est indispensable, et que son épaisseur ne vous rebute pas, on regrette d’arriver au bout ! Heureusement qu’il y a les suites « Mars la Verte» et « Mars la Bleue » !

13/11/2006 | Catégories: Fantasy | Tags: , ,
American Gods - Neil Gaiman

American Gods - Neil Gaiman

Ombre purge sa dernière semaine de prison. Il va être libéré, après trois ans passés derrière les barreaux. Son credo : ne pas faire de vagues, payer son dû. Sa femme Laura l’attend, son meilleur ami vient d’ouvrir une salle de sport et il a un boulot pour lui.
Deux jours avant la date fatidique, il est convoqué dans le bureau du directeur, qui lui annonce froidement qu’il est libéré en avance pour pouvoir assister aux obsèques de sa femme, décédée dans un accident de voiture.

Il pend l’avion pour retourner chez lui, et fait la connaissance d’un homme étrange qui répond au nom de « Voyageur ». Ce dernier lui explique qu’il a du travail pour lui, que l’ami d’Ombre qui devait lui fournir un travail est décédé lui aussi, par conséquent, il n’a rien de mieux à faire.
Ombre, passablement sous le choc, ne veut rien entendre.
Une fois arrivé, il erre et se rend dans un bar, et l’homme qui se soulage à côté de lui n’est autre que Voyageur. Il veut engager Ombre, qui finit par céder. Son travail consiste à assister Voyageur, et de ne pas poser de questions. Le pacte est sellé lorsqu’Ombre boit trois verres d’hydromel, en présence d’un Irlandais qui se dit être un Leprechaun, Sweeney le Dingue. Ombre, saoul, se souviendra vaguement d’un tour de magie consistant à faire apparaître une pièce d’or…mais il ne s’en souviens plus. Sauf que ladite pièce d’or est bel et bien dans sa poche.

Voyageur le laisse assister aux obsèques de sa femme, auquel Ombre se rend. Ne sachant trop que faire, il jette la pièce d’or sur son cercueil, comme cadeau d’adieu.

Du moins c’est ce qu’il pensait, mais quand Laura, vêtue du tailleur bleu dans lequel elle a été ensevelie l’après midi même, vient le trouver au motel le soir même de son enterrement, Ombre se pose des questions. Et la réaction de Voyageur à cette nouvelle a de quoi de déstabiliser : il reste impassible, comme si c’était une situation tout à fait normale.

Ils quittent la ville le soir même, Ombre est désormais au service de Voyageur.

Mais qui est vraiment ce vieil escroc ? Et Sweeney le Dingue ? Et Czernoborg, Chaquel et Ibis, Easter ? Et ce gros garçon en costume noir qui a kidnappé Ombre dans sa limousine en le tabassant pour lui soutirer des renseignements sur Voyageur ? Pourquoi la TV se met à lui parler ? Et pourquoi Laura n’est plus aussi morte qu’elle aurait dû l’être ?

Amercian Gods a été une bombe dans le monde de la SF lors de sa sortie : Neil Gaiman, déjà connu pour avoir fait « De Bons Présages » avec Terry Pratchett et pas mal de comics – la série des Sandman – a crée l’évènement avec cet OVNI inclassable, ou les dieux anciens vont devoir s’allier dans un combat sans merci contre les dieux de l’ère moderne comme la TV, les télécoms ou la bourse. Mais attention pas de méprise : il ne s’agit pas d’un comic ou d’un jeu vidéo ou des super héros se battent contre des super-méchants. Ici, c’est tout d’abord l’histoire d’Ombre, et son rôle dans cette guerre qui oppose des vieux râleurs à des technocrates.

Ecrit dans un style simple mais évocateur, American Gods laisse des souvenirs bien après avoir refermé le livre, grâce à des passages émouvants, étranges ou violents. Par exemple, vous n’oublierez pas la fin de sitôt…
Et il y a des livres dans le livre, des légendes contant l’arrivée des dieux celtes ou africains en Amérique, d’autres passages comme le village de Lakeside auraient pu être écrits par un Stephen King au meilleur de sa forme.

En résumé, un livre indispensable à tout amateur de SF/Fantasy, comme l’indique l’horrible couverture de l’édition J’ai Lu. Dernier détail : ne vous arrêtez pas à cette illustration qui ne fait pas honneur au contenu du livre.